Voyage solo

Mon père est une personne ordonnée, très ordonnée. Depuis petite, il classe dans un dossier tout les documents qui paraissent nécessaires de garder: papiers administratifs, bulletins de notes, articles de journaux… Un gros dossier qui n’est plus rempli désormais que j’ai pris mon envol. L’autre jour, à la recherche d’une occupation chez ma mère je fouille dans les placards et je tombe sur ce dossier jaune décoloré avec écris au feutre noir “Emilie”.

La nostalgie me titille et j’ouvre le dossier à la recherche de petites perles.  Je tombe sur un email imprimé datant de 2006. J’ai 19 ans et je suis au Pérou en stage logistique à la Croix Rouge Péruvienne de Lima. A cette époque, les vendredi soir je prenais un bus et j’allais explorer le pays puis revenais le dimanche ou le lundi matin pour “travailler”. Je trouvais ça génial et excitant. C’était ma première expérience de voyage en solo!

Dans cet email je raconte à ma famille que je viens d’arriver dans une petite ville touristique et que à peine j’ai posé mon sac à dos dans le dortoir de l’hostel, je sympathise avec une voyageuse suédoise. J’y explique que les hostels sont la solution la plus économique pour les voyageurs et qu’en plus on y fait de belles rencontres du monde entier! (qui aurait cru que je finirais par ouvrir mon propre hostel 10 ans plus tard!)

 

Solo backpacking

 

 

Je ne vais pas mentir, à cette époque voyager seule me faisait peur. Je n’étais pas sure de savoir me débrouiller et j’avais peur de la solitude.  Quand on se lance, on se rend compte qu’il y a plein de voyageurs solo et qu’au final on est jamais vraiment seul. Je suis de nature timide mais la sociabilité se travaille et la communauté des voyageurs est très ouvertes et bienveillantes. On a donc le choix de rester seul ou de prendre sur soi et de parler à son voisin. Il arrive même souvent qu’il n’y ai aucun effort à faire, le voyageur solo intrigue dans certaines régions et les gens viennent directement nous voir pour nous demander ce que l’on fait là. Cette curiosité vient aussi bien des locaux que des autres voyageurs. Ce sont des amitiés aussi fortes qu’éphémères que l’on fait en voyage. Je crois sincèrement que si je n’avais pas été en solo, j’aurai fait des rencontres mais pas autant. Je n’aurai pas pris la route avec Florian ou John ou Luke ou Isabel ect.. , je n’aurai surement pas été invité par Veronica à boire un café, je n’aurai probablement pas eu toutes ces petites conversations avec les habitants en attendant mes trains, cars, bus ou bateau. Bref, je n’aurai pas rencontrer autant de monde et je ne me serai jamais autant ouverte.

Néanmoins, il faut être préparé à avoir des moment ou l’on est seul et où il faut savoir se débrouiller. Mais ce n’est pas mal, au contraire, on apprend a être autonome, à se surpasser et a être patient. On apprend entre autre à faire des choix, prendre des décisions. La plupart des gens pense qu’un voyageur se la coule douce à l’autre bout du monde. C’est un peu vrai, mais on oublie souvent que le voyage en solo implique une prise de décision constante et seul. Ou vais je dormir ce soir? quel bus je prends? je marche ou je prends un taxi? je réserve pour combien de nuit? je vais à gauche ou à droite? Cela parait anodin, mais en voyage la routine n’éxiste pas, on est toujours en mouvement. Ne pas avoir de quotidien est assez déroutant car il nous faut réfléchir et faire des choix. Même si ils paraissent insignifiants, il faut les prendre et les assumer.

 

female backpacking

 

 

Etant donné que l’on est seul et que l’on décide du programme, c’est l’occasion de s’écouter et d’aller à son rythme. A quel moment dans sa vie, on peut se lever quand on veut, prendre notre temps ou pas, manger quand l’on veut et j’en passe, sans que personne soit là pour nous juger. Le voyage en solitaire permet de trouver son propre rythme, celui qui nous convient le mieux. Je me suis découverte matinale en voyage, toujours motivée pour voir un levé de soleil. Mais je me suis aussi vue passer la journée à rien faire, à trainer. On s’ennuie parfois, mais ce n’est pas forcément un mal, ça permet de réfléchir et de laisser divaguer son imagination.

On se sent libre en fait.

Vous savez cette sensation exhaltante que l’on a de se sentir libre et fier quand on prend la voiture tout seul après avoir obtenu notre permis de conduire. En voyage je ressens souvent cette émotion. Quand je suis dans un bus bondé au Malawi entourée de mamas qui m’observent ou tout simplement quand j’enfourche mon vélo et que je vais seule à travers champs. Car en effet, le voyage solo ne se fait pas obligatoirement à l’autre bout du monde, cela peut se faire pour une journée ou un week end en France, tout simplement, le temps de se retrouver avec soi.

 

week end France

 

 

Grâce à ces expériences, j’ai eu la chance de vivre des aventures uniques et faire de belles rencontres. Voyager c’est vivre des moments hors de sa zone de confort, se poser des questions, s’ennuyer, explorer, s’émerveiller, remettre en question ses choix, passé des soirées à débattre avec des inconnus, apprendre, avoir des galères, résoudre des imprévus… Tout n’est pas positif dans le voyage en solo mais au final, les histoires que l’on raconte le plus à notre retour sont nos péripéties. Ce qui était négatif au présent devient une réelle aventure à raconter!

Enfin, j’ai surtout compris que j’étais capable. Quand on est seul on se retrouve parfois dans des situations involontaires dans lesquels finalement on s’en sort pas si mal. On se surpasse et on est fier!

 

 

 

Autres articles en solo : mon périple à Bayeux.

Ma vidéo de tour du monde.

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